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SEMAINE SPECIALE CDL - Jonathan Brison

Retour avec Paprika, buteur en demi-finale, sur le parcours de Nancy en Coupe de la Ligue. 


Comment ça va ? Que deviens-tu ?  

Je vais plutôt bien. Ça fait maintenant trois ans que j’ai arrêté ma carrière, je suis dans ma reconversion professionnelle. Je suis coach sportif maintenant ; je suis basé sur Reims et c’est un grand changement dans ma vie. Un quotidien qui change parce que je suis arrivé au centre de formation de Nancy en 99 et j’ai arrêté le football en 2018 : ça faisait 19 ans que ma vie était rythmée par le foot. La vie continue et j’ai trouvé un métier dans le sport qui me correspond plutôt bien !  

 

Quels souvenirs gardes-tu de la coupe de la ligue il y a 15 ans ?  

Je me souviens surtout qu’on avait eu un peu de chance au tirage, on avait reçu tous nos matchs à domicile. Je me souviens que ça passe difficilement contre Sochaux sur un pénalty. On avait joué Lorient aussi qui avait été un match compliqué car on avait beaucoup de blessés. Forcément, je me souviens de la demi-finale où j’ai marqué le premier but et Manu Da Costa a marqué le deuxième but. Un but exceptionnel qui nous emmène au stade de France avec la folie que ça engendrait. Pour un groupe de gamins comme on était, aller au stade de France c’était incroyable. Et forcément cette finale, où on va au bout, où on n'est pas favoris, malgré la très bonne équipe de Nice avec ses nombreux talents, la victoire au bout à 10 contre 11... C’était magique.  

C’était un grand moment même si à titre personnel j’avais encore plus adoré la montée en Ligue 1 à la fin de la saison 2004 2005 ! On a eu un parcours plutôt sympa, j’en garde un superbe souvenir. Ces dernières années, la Coupe de la Ligue avait perdu de sa saveur pour les petites équipes...

Sur notre parcours, l’impact du public a été fou. Notamment pour la demi-finale : on savait que si on gagnait, on allait au stade de France. A Picot, l’ambiance était dingue. Tout le monde était derrière nous.  

 

Tu es entré en jeu à la 63e, le soir de la finale. A ce moment, il y a 1-1, Sébastien Puygrenier vient de se faire expulser. Tu remplaces Manu Duchemin. Qu’est-ce que tu te dis à ce moment ?

J’étais un peu nerveux. Puis j’ai mis le pied sur le terrain, et tout est parti. Je me suis dis qu'il fallait tout donner pendant une demie heure. En étant à 10 contre 11, je me dit qu’il allait falloir courir, tout donner, qu’il n’y avait pas besoin de réfléchir. J'avais pour mission de coller Flo’ Balmont (Nice). Il était nerveux et j'ai pris un jaune tout de suite. Je pense que je ne suis pas passé loin du rouge car il y a eu des mots, des échanges. Mais je suis rentré avec une envie démesurée même si j’étais déçu de ne pas commencer le match car j’avais commencé tous les autres ! Pour la finale Pablo a choisi de mettre un 2e attaquant et de retirer un milieu. A la fin du match dans tous les cas j’étais aussi heureux que les autres ! Vraiment, les premiers mots que je me suis dit dans ma tête en rentrant sur le terrain c’était « Kiffe, donne toi à fond et on verra après ». Au final, on marque juste après, on tient jusqu’au bout. On savait qu’on allait découvrir la coupe d'Europe derrière donc c’était dingue.  

 

As-tu été perturbé par l’ambiance au stade ?

Ce n’est pas l’ambiance en générale qui m’a vraiment marqué, c’est tout le stade, qui était immense. La veille on s’est échauffé au stade et je n’avais pas cette impression de grandeur. Alors que le lendemain quand j’ai vu le stade se remplir je me suis rendu compte de son immensité. Pendant le match l’ambiance était top, les couleurs m’ont beaucoup marqué, les deux kops se répondaient. Mais ça reste assez fouillis pour moi, il y avait beaucoup de bruit, de couleurs, d’événements ! Et il fallait rester concentré sur le match donc j’ai un peu fait abstraction.  

 

Pendant la première heure de jeu, tu étais donc remplaçant ; comment était l’ambiance entre vous sur le banc de touche ?

On était bien dans le match, on était avec les titulaires, on les encourageait, c’était important. Moi j’ai vu tout de suite que le match on l’abordait par le bon bout, on était mieux que Nice sur la première mi-temps. Ils étaient en train de déjouer et nous on faisait notre match, on menait logiquement à la pause. Je suis parti m’échauffer en début de 2e puis il y a eu l’égalisation de Marama, le rouge de Puyg’... là sur le banc on s'est dit que la chance tournait. Moi, j’ai la chance de rentrer donc de ne plus subir de l’extérieur. C’est plus stressant d’être en dehors que d’être sur le terrain. Sur le terrain on est acteur, on influe sur le jeu. Sur le banc on était stressés comme des supporters !

 

Comment avais- tu abordé cette finale ?  

Je me suis dit que j’allais tout faire pour bien préparer ce match : sommeil, bien manger, récupération, étirements, tout de A à Z pour ne rien regretter. On était au calme en mise au vert dans un petit château avec un parc, donc il n’y avait pas toute cette ambiance avec tous les supporters qui pouvaient venir et apporter une pression populaire ou même la pression médiatique. Je trouve que c’est la meilleure préparation pour ce genre de matchs ; on est loin de tout, on se concentre uniquement sur la finale et ça c’est le top.  

 

Qu’est-ce qu’il s’est passé dans ta tête au coup de sifflet final ?

Je suis parti dans tous les sens, on s’est tombés dans les bras les uns des autres, on s’est congratulés, on a fait des photos avec la coupe, on a fait le tour du stade...  Moi ce que j’attendais le plus c’était la musique « We are the Champions » qui m’avait marqué quand j’étais gamin ; je voulais absolument vivre ça une fois dans ma carrière. En réalité, tout est passé très vite, on n'a pas eu le temps de profiter réellement ! Entre la soirée, le lendemain place Stanislas, avec la fatigue... Mais c’était vraiment génial !  

 

Et le lendemain donc, vous étiez sur les balcons de la place Stan. Qu’est-ce que tu as ressenti ?

Beaucoup de fierté, c’était vraiment fou. Ça faisait un petit moment, depuis la montée l’année précédente, qu’on sentait une vraie ferveur de toute la ville. On était dans une belle période, le club galérait en seconde division et l’effervescence avait pris ; le club avait tout fait pour qu’il y ait un engouement dans toute la ville notamment avec la campagne d’abonnement pour la montée en Ligue 1. On a toujours été très bien supportés et le taux de remplissage a toujours été important à Picot, c’était donc beaucoup de fierté de voir que toute la ville était venue et qu’on avait fait quelque chose de grand. Je me suis dit à ce moment-là, j’ai gagné un titre national qu’on ne me retirera jamais et j’ai eu la chance de le faire à 23 ans. On était vraiment une équipe de potes, on était contents de faire ça ensemble.  

 

Enfin, as-tu des anecdotes à nous partager ?

Je vais balancer un dossier sur moi, j’avais fait un pari avec les gars. Je m’étais fait un tatouage malabar, un truc de gamin, dans le cou. Pendant la semaine de mise au vert, je l'avais collé et je l’avais gardé 3 – 4 jours, on avait bien rigolé sur ça. J'avais bien l’air c*n mais c’était drôle !  


Merci Jonathan pour ton temps, tes réponses et ta bonne humeur ! 

© Juliette Schang


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