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Le décrassage : ASNL - EA Guingamp

Trois semaines après le dernier match de Ligue 2 et un mois après leur dernière rencontre à domicile, les Nancéiens retrouvaient Marcel-Picot face à Guingamp. Ils sont finalement sortis vainqueurs de ce match dans les toutes dernières secondes, malgré une rencontre globalement maîtrisée. Parlons-en :


— Une maîtrise collective, tant tactique que technique. C’est simple : les Nancéiens ont dominé ce match de la tête et des épaules. Ils n’ont absolument rien laissé aux Guingampais, hormis une petite occasion consécutive à une mauvaise relance d’Enzo Basilio. Cette maîtrise, on l’avait déjà aperçue par séquences lors des précédentes rencontres, mais jamais sur un match complet. C’est la preuve qu’il y a du progrès à ce niveau-là. Certes, Guingamp a livré une prestation décevante vendredi soir, mais ce sont aussi les Nancéiens qui ont fait en sorte de ne rien leur laisser. Collectivement, ce match est notre match référence depuis le début de saison.


— Toujours cette difficulté à conclure les actions. On pensait les Nancéiens libérés après la pluie de buts contre Rodez, mais ce n’était finalement qu’un mirage. On a retrouvé une équipe nancéienne en difficulté dans la finition, malgré d’énormes occasions, voire des immanquables pour certaines. Beaucoup de précipitation dans le dernier geste, mais aussi une bonne dose de malchance, notamment sur la dernière occasion de Zakaria Fdaouch, lorsque le ballon fait un faux rebond, comme par hasard, juste au moment de sa frappe…

Mais c’est une nouvelle fois grâce au mental et à l’envie que les Nancéiens sont allés chercher ce penalty dans les toutes dernières secondes pour arracher la victoire. Même si celle-ci est amplement méritée et ne souffre d’aucune contestation, elle aurait dû se dessiner bien plus tôt, et sur un score fleuve. Encore un match au cours duquel nous aurions pu nous mordre les doigts… Avec une telle qualité et une telle armada offensive, c’est très frustrant de n’avoir inscrit que… neuf buts depuis le début de saison, dont quatre sur un seul match.


— La très belle entrée de Jérémy Gélin. Remis de sa blessure du début de saison, il monte peu à peu en puissance. Entré à un quart d’heure de la fin pour pallier l’expulsion de Kouroufia Kebe, il a été difficile de sentir que Nancy évoluait en infériorité numérique, tant son abattage et son sens du placement ont fait du bien à l’équipe. Très bien placé dans l’entrejeu pour empêcher les Guingampais de progresser, il a également fait parler sa qualité technique dans la relance et sa capacité à jouer juste sans précipitation. Son amour de ballon en profondeur à destination de Zakaria Fdaouch aurait pu nous libérer, mais le portier breton a sorti un bel arrêt.

Avec son retour en forme, il devrait tout naturellement être amené à pallier l’absence de Kouroufia Kebe à Annecy.


— Le manque d’expérience de Kouroufia Kebe. On a tant vanté les qualités de Kebe depuis le début de saison, et à juste titre, mais son manque d’expérience reste son principal défaut. Un défaut qui n’en est finalement pas vraiment un au vu de son jeune âge. Toutefois, son expulsion pour deux cartons jaunes, au regard de la manière dont ils ont été reçus, aurait pu être évitée.

On peut discuter de la sévérité de l’arbitre, qui lui a adressé un second carton jaune pour une petite faute ne semblant pas mériter une telle sanction, d’autant plus qu’il s’agissait de sa première faute du match. Oui, parce que le premier avertissement venait d’une contestation auprès de l’arbitre, qui avait signalé une faute en première mi-temps pour… Nancy !

Un carton jaune très bête qui l’a obligé à jouer avec une épée de Damoclès au-dessus de la tête, laquelle a fini par tomber à vingt minutes de la fin. Un manque d’expérience criant, donc, qui aurait pu coûter la victoire à son équipe.

Et ce n’est pas la première fois que cela arrive. Rappelez-vous son match à Nantes, où il avait reçu un premier avertissement pour une contestation à la suite de l’expulsion d’Elydjah Mendy, avant de commettre une grosse faute pour laquelle l’arbitre s’était montré très clément. Cette fois-ci, Monsieur Henry n’a pas fait preuve de la même indulgence.

Nul doute que Kebe saura apprendre de cette erreur, tant le joueur ne cesse de progresser de match en match.


— Le gros mental de Zakaria Fdaouch. Auteur de deux grosses occasions manquées, on aurait pu penser Zak’ atteint mentalement. Et il est vrai qu’au moment où le stade l’a vu s’emparer du ballon pour tirer le penalty, personne n’était vraiment serein… Sauf lui.

C’est lui qui provoque la faute, c’est lui qui prend le ballon et c’est tout naturellement que ses coéquipiers le laissent tirer. Une preuve supplémentaire que le groupe vit bien et que chacun a confiance en ses partenaires, quelles que soient les circonstances du match.

Il fallait donc un courage immense et un mental d’acier pour se présenter face à un gardien qui avait tout arrêté jusque-là, après avoir lui-même manqué deux grosses occasions. C’était quitte ou double. Un échec aurait pu le faire douter encore davantage. Une réussite, en revanche, pouvait lui mettre du baume au cœur et enfin le rendre décisif, lui qui n’avait toujours pas marqué cette saison malgré les nombreuses occasions qu’il s’était procurées.

Relégué sur le banc après l’explosion d’Ylan El Hadary, alors que son début de saison n’était pourtant pas si mauvais, confronté à une multitude d’occasions manquées et à un poteau frustrant contre Reims, il a toujours gardé le moral et fait preuve d’un mental solide. Il est donc tout naturel qu’il soit enfin récompensé de ses efforts.


— La paire Elydjah Mendy – Yannis Nahounou confirme de match en match. Cela fait désormais plusieurs rencontres que les deux évoluent ensemble. Les automatismes sont trouvés, le problème de gestion de la profondeur semble enfin réglé et, qu’il s’agisse de l’un ou de l’autre, les deux se montrent particulièrement solides dans les duels.

Si Mendy domine davantage dans les airs, Nahounou, lui, excelle dans les duels individuels, à l’image de ses affrontements avec Brandon Bokangu, son ancien coéquipier, face auquel il n’a pas hésité une seule seconde à s’imposer physiquement. Hormis les trois buts encaissés face à Rodez, les Nancéiens ont concédé peu de buts, et c’est en grande partie grâce à eux.


C’est donc une victoire incontestable pour Nancy ce vendredi soir, qui confirme sa place dans le top 5 et montre qu’il faudra compter sur l’ASNL cette saison. Le top 3 semble difficilement accessible, tant les équipes qui nous devancent paraissent mieux armées. Mais une place entre la cinquième et la neuvième position semble davantage correspondre à nos ambitions.

À nous de le démontrer et de le confirmer tout au long de la saison.


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