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Oswald Tanchot à Nancy : un discours séduisant, des actes à venir

La salle sentait le renouveau, mais aussi la prudence. Oswald Tanchot a été officiellement présenté comme le nouvel entraîneur de l'AS Nancy-Lorraine, en compagnie du directeur sportif Michaël Chrétien. Une trentaine de minutes d'échanges au cours desquels le nouveau coach a tracé les grandes lignes de son projet, sans pour le moment vraiment lever le voile sur ce que sera concrètement la saison à venir.

Le ton a d'abord été donné par Chrétien, qui a rendu hommage à Pablo Correa et Adrian Sarkissian, "l'ancien staff qui a fait un magnifique travail sur plusieurs saisons", avant d'annoncer la couleur : "on est dans une phase de reconstruction". Une formule qui, dans le football professionnel, peut vouloir dire beaucoup de chose, ou ne rien promettre du tout.

Un choix "évident", selon le directeur sportif

Chrétien a insisté sur le fait que le choix de Tanchot s'était imposé "dès les premiers contacts". Le profil du coach, expérimenté en Ligue 2 mais inactif depuis un peu plus d'un an, aurait pu constituer un frein. Le DS a préféré y voir un signe positif : "un coach qui arrivera avec beaucoup d'énergie". Reste que cette inactivité prolongée, dans un championnat aussi dense que la Ligue 2, méritait d'être questionnée davantage. La réponse, un brin convenue, n'a pas vraiment dissipé l'interrogation.

Nancy, un club historique qui "séduit"

Au-delà du process, Tanchot a tenu à expliquer pourquoi Nancy spécifiquement. Sans surprise, il a commencé par rappeler le poids historique du club, son palmarès, son stade, son ancrage dans le football français. Mais il a aussi reconnu que l'ASNL, comme beaucoup de "places fortes du football français", a traversé une période difficile. Ce qui l'a convaincu, c'est justement la trajectoire récente : une accession réussie, un maintien obtenu à l'avant-dernière journée, et surtout, le mot est revenu plusieurs fois, une vision. "On peut faire des choses sans vision, mais là je trouve qu'il y en a une qui est présente", a-t-il souligné. Pour Oswald Tanchot, Nancy fait partie des clubs de Ligue 2 "séduisants de par son histoire, son stade, et surtout son futur". Une déclaration d'intention, même si elle reste encore à traduire sur le terrain.

"Les ambitions, ça se construit, ça ne se décrète pas. Il faut de la patience, du travail, et une vision à moyen terme." - Oswald Tanchot

La data, sans en faire une religion

L'un des moments les plus intéressants de la conférence a porté sur l'utilisation de la data. Chrétien a rappelé que 70 % des clubs de Ligue 2 travaillent désormais avec des données analytiques, et que Nancy entend s'inscrire dans cette tendance. Mais il a tenu à nuancer immédiatement : "c'est très vague comme mot. Ce qui compte, c'est ce qu'on en fait." Tanchot a abondé dans ce sens, soulignant que "l'aspect humain est tout aussi important" et que l'expérience de terrain reste irremplaçable. Une position équilibrée, peut-être un peu trop confortable pour être vraiment tranchante.

Une philosophie de jeu assumée… sur le papier

Sur sa vision du jeu, Tanchot a été plus précis. Le coach se revendique d'une tradition offensive, héritée du football nantais et de la philosophie de Christian Gourcuff. Il dit aimer un jeu qui presse haut, construit depuis l'arrière, attaque par les côtés. Il a cité parmi ses références le travail de René Girard à la Jonelière, où il se rend encore observer les entraînements. Des fondements solides, qui donnent un cadre lisible.

Sur le plan tactique, Tanchot a avoué une préférence pour le 4-3-3 ou le 4-2-3-1, tout en assumant une certaine flexibilité : "je ne suis pas dogmatique sur le système." Il a évoqué la possibilité de jouer avec un losange au milieu ou à trois derrière selon les situations, en insistant sur l'idée de créer de "l'imprévisibilité" pour l'adversaire via des connexions entre joueurs. Un discours cohérent, même si la réalité du terrain, et notamment de la Ligue 2, imposera ses contraintes.

"Je veux des joueurs qui ont envie de jouer au foot. Des joueurs qu'il faut presque pousser du terrain tellement ils en veulent." - Oswald Tanchot

Le recrutement : un chantier ouvert

Sur le mercato, Chrétien a livré quelques éléments concrets. La reprise est fixée au 22 juin, avec un stage probable à Vittel et cinq ou six matchs de préparation à partir de la deuxième semaine. Les premières pistes sont déjà actives : le poste de latéral gauche est identifié comme une priorité absolue, le club n'ayant plus personne sous contrat à ce poste. Des réflexions sont également menées sur la réduction de l'effectif, jugé trop large la saison passée.

Tanchot, pour sa part, dit s'appuyer d'ores et déjà sur les membres du staff en place : Arnaud Lesserteur, Cyprien Holzammer, José Martinez, Gennaro Bracigliano, pour "gagner du temps" et s'imprégner des valeurs du club. Un pragmatisme de bon aloi pour un entraîneur qui débarque dans un nouveau contexte.

Un bâtisseur, vraiment ?

Tanchot s'est lui-même défini comme "un bâtisseur", conscient que ses dernières expériences, plus courtes, peuvent sembler contredire cette image. Il a reconnu cette tension avec une honnêteté appréciable, tout en réaffirmant son attachement à la durée et à la construction sur le moyen terme. Les actionnaires, selon lui, partagent cette vision : pas de montée en Ligue 1 exigée à court terme, mais une progression dans le classement et dans le développement des joueurs.

C'est peut-être là que réside l'enjeu principal de cette présentation. Le discours est bien rodé, les références sont solides, et la modestie affichée : ne pas décréter les ambitions, privilégier la patience, est plutôt rassurant dans un contexte de reconstruction. Mais Nancy a déjà entendu des projets ambitieux. Ce qui différenciera Tanchot, c'est ce qu'il parviendra à faire avec un groupe en cours de recomposition, dans un championnat qui, de son propre aveu, "donne l'impression d'être de plus en plus difficile".

Les premières réponses viendront sur le terrain. 


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